Migration Tunisie-UE : Signature d’un Accord Pour Renforcer les Frontières


La Tunisie et l’UE ont signé un accord pour lutter contre la migration « irrégulière », c’est-à-dire celles qui se déplacent en violation des règles.

La Tunisie est devenue le principal point de départ des migrants tentant de traverser la Méditerranée vers l’Europe.

L’UE a du mal à faire face, avec 72 000 migrants qui ont fait le voyage cette année seulement, principalement vers l’Italie.

L’accord comprend 118 millions de dollars (90 millions de livres sterling) pour mettre fin à la contrebande, renforcer les frontières et renvoyer les migrants.

Ces derniers mois, les migrants noirs en Tunisie ont été confrontés à de violentes attaques en raison d’un environnement de plus en plus hostile.

Le président tunisien Kais Saied avait accusé les migrants de participer à un “complot” visant à modifier le profil démographique du pays, accusant “des traîtres qui travaillent pour des pays étrangers”. Il a ensuite nié être raciste.

La Tunisie souffre d’une crise économique et un nombre croissant de Tunisiens tentent également de quitter le pays pour se rendre en Europe .

L’accord UE-Tunisie stipule que les migrants à la frontière seront traités dans le « plein respect des droits de l’homme » et cherche également à ouvrir des voies légales permettant aux personnes de migrer.

L’accord, que l’UE qualifie de « stratégique et global », décrit également un plan visant à stimuler la croissance économique de la Tunisie à travers des « réformes socio-économiques » et une plus grande coopération dans les domaines de la transition énergétique verte, de l’éducation, de la recherche et de l’innovation.

Les dirigeants européens, dont les Premiers ministres italien et néerlandais Giorgia Meloni et Mark Rutte, présents à Tunis pour la signature de l’accord, l’ont qualifié d'”étape importante” pour faire face à la migration et d’un accord qui bénéficierait également “au peuple tunisien”. , selon l’agence de presse AFP.

Le président Saied a également défendu son bilan en matière de migration, affirmant que le pays “a donné aux migrants tout ce qu’il peut offrir avec une générosité illimitée”, rapporte l’AFP.

Un point d’interrogation subsiste quant au prêt à long terme d’un milliard de dollars (764 millions de livres sterling) que l’UE a précédemment proposé pour aider la Tunisie à sortir de sa crise économique, car il dépend de l’issue de négociations séparées avec le FMI. Cependant, ces négociations avec l’agence financière basée à Washington sont depuis dans l’impasse.

Outre ses propos anti-migratoires, le président Saied se heurte également à l’opposition des Tunisiens qui l’accusent de prendre le pouvoir pour lui-même.

Le président Saied, élu en 2019, a mis en œuvre une série de mesures visant à renforcer les pouvoirs de la présidence aux dépens du Parlement et du pouvoir judiciaire. Il y a deux ans, il a limogé son Premier ministre, suspendu le Parlement et, un an plus tard, fait adopter une constitution qui lui confère des pouvoirs presque illimités.

Ses détracteurs l’ont accusé de coup d’État, mais le président Saied a déclaré qu’il prenait simplement des mesures pour « sauver l’État » après que le Covid ait gravement endommagé l’économie.

Source : bbc

Amine Hocquard

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